mercredi, 19 septembre 2007

Fin de l'aventure

Et bien çà y est…
L’année sri lankaise s’achève déjà.
Année pleine, débordante d’une extrême richesse.
Foule d’émotions multiples, expérience hors du commun.
Le temps se chargera désormais de révéler patiemment les couleurs encore imperceptibles de l’épreuve de l’aventure.

Bonheurs
Joies simples partagées, peuple sri lankais si accueillant, tant de sourires, tant de gentillesse, de simplicité.
Beauté d’une île regorgeant de merveilles.
Le plus beau, merveilleux avancée et cheminement personnels que les nombreuses difficultés ont finalement copieusement nourris, Nillambe.

Douleurs
Enormes malaises au sein de la mission, de l'univers des ONG, immenses contre-pieds à l’engagement réciproque qui m’est cher, au véritable faire ensemble. Vif sentiment d'un profond décalage.
Fréquentes colères au sein d’une colocation où trop de différences et une essence de vie sans partages possibles m’ont laissé totalement seul, cette insatiable soif d’échange désespérément inassouvie.

Je considère cette année comme un tout indissociable.
Une fleur éclatante, merveille, naît parfois du lisier.

Autre perle, cadeau de l’aventure.
Mes sentiments pour vous tous, famille, amis, se sont massivement invités à la grande table de la solitude.
Vous m’avez manqué!
J’en suis là aujourd’hui grâce à vous tous et à tous ces moments que nous avons partagés depuis tant d’années.
Merci pour votre chaleur…

Une aventure se termine, cela me plairait que vous m’aidiez à en clore le dernier chapitre.
J’aimerais que vous laissiez tous un commentaire, une courte pensée, et que vous écriviez une petite phrase ou une citation qui vous plaît, vous touche et que vous aimeriez offrir.
Merci!

Et merci à tous ceux qui ont pris la peine de me lire et de m’accompagner tout au long du périple…

J’ai une immense hâte de tous vous retrouver!!

Bises à tous

P.S.: Ne sachant pas si un nombre maximum de commentaires est autorisé pour chaque message, j’en laisse plusieurs en dessous au cas où…

Fin de l'aventure

Pour vos commentaires, au cas où...

Fin de l'aventure

Pour vos commentaires, au cas où...

mardi, 11 septembre 2007

Le cadeau de la souffrance

Octobre 2006
Arrivée à Sri Lanka.
Début d'une aventure pleine d'inconnu et de mystères.

Changements de repères.
Autre métier, autre culture, autre mentalité, autre pays, autre climat.
Découverte d'un autre monde.
Loin de la famille, loin des amis.
Vie en communauté.

Extraordinaire phase préliminaire de découverte.
L'inconnu m'enchante, m'émerveille.
Exotisme des voyages de vacances, courts.
Chaque sourire, chaque rencontre, chaque paysage me ravit.

Puis, le quotidien reprend ses droits.
Le voile s'estompe, la vie apparaît, normale, vraie.

Difficultés, souffrances.

Je n'aime pas cette mission, pire, je dois souvent agir et prendre des décisions qui me semblent irréfléchies, dangereuses.
Mal à l'aise, en proie à une colère quotidienne, tantôt tapie, tantôt explosive, permanente.

Je n'aime pas le monde des ONG.
Entités surpuissantes, actions spectaculaires, la vitrine des produits est clinquante. Les résultats sont là.
Mais quels effets en profondeur sur ceux qui se contentent de tendre la main, mendier et recevoir, recevoir, toujours recevoir.
J'ai souvent envie de vomir.

Je n'aime pas cette vie en communauté.
Partager ces doutes, ces craintes concernant notre action, l'engagement humanitaire? Impossible…
Aucunes affinités sur ce qui fait l'essence de ma vie et me pousse dans l'engagement, dans la rencontre. Aucun échange.
Incroyable solitude au sein-même de cette cohabitation.

Les émotions me prennent, les sentiments me tiraillent, se jouent de moi comme un chat s'amuse avec une souris.
La souris se débat, lutte de toutes ses forces, s'épuise. Le combat est perdu d'avance.

Colère, haine, tristesse, douleur se succèdent. Jours après jours, de minutes en minutes.
Peu de répit, pas d'échappatoire. Ces cauchemars déroulent leur trame à chaque instant.
Condamné à rester à Pottuvil. Travail, vie à la maison. Vie à la maison, travail.
Rien à faire…

Pourtant, petit à petit, l'urgence, la magie de la situation, son aspect unique, précieux, m'apparaissent.
Lentement, doucement, je cesse de me débattre.

Cette immense solitude, le manque total d'activités me permettent de passer plus de temps avec moi, dans ma chambre, en longues méditations.
La situation s'impose naturellement, son sens apparaît, évident.
Enfin un moyen d'exprimer, de vivre, de m'occuper de ces sentiments douloureux que je n'accepte pas.
Quotidiennes colères, haine permanente, douleurs sans fin nourrissent mes méditations. J'apprends à les connaître, me connaître, observer leur naissance, leur mort, la façon dont elles s'emparent de moi et me gouvernent, leurs effets, l'endroit où elles s'invitent, se logent…
J'apprends à les respecter, comprends qu'en les maltraitant je leur donne plus de force.
Lent et passionnant exercice chargé de tendresse, d'ouverture et de compassion.
A petits pas. Mais sans plus de doutes.

Aujourd'hui, je remercie du fond du cœur la vie de m'offrir ces riches souffrances, leçons extraordinaires qui me permettent d'apprivoiser les aspects "noirs" de ma personnalité et tenter d'aller bien au-delà encore, vers ce bonheur qui nous concerne tous.

Et comment travailler sur la souffrance sans en faire l'expérience?

Je suis pleinement heureux.
Les souffrances seront toujours là, bien sûr, elles chemineront toute ma vie à mes côtés.
De jours en jours, elles sont cependant moins fréquentes, s'attardent moins longuement.
Mais surtout, petit à petit, mon regard change. Je les perçois autrement, elles sont bien une vraie chance de m'éveiller toujours un peu plus.

La souffrance est un cadeau. Acceptons-là.

Un bon médicament a parfois très mauvais goût.

dimanche, 09 septembre 2007

Photos

17 nouvelles photos de notre belle journée avec Guillaume, mon futur remplaçant, dans l'album "Arugam Bay"
Balade du côté de crocodile rock et d'éléphant rock, deux amoncellements de rochers au sud d'Arugam Bay que j'aime particulièrement
Nous avons eu la chance de tomber sur un éléphant prenant son repas en haut de crocodile rock.
Photos vue des deux rochers
Deux photos de rapaces glissant au fil des courants aériens léchant la façade d'éléphant rock

samedi, 08 septembre 2007

Photos

Encore quelques photos...
Râpage de noix de coco, travail sous la pluie tropicale dans "Notre maison"
Plusieurs photos de la rue principale "Main street": ses commerces, ses pubs coca, ses militaires... dans l'album "Pottuvil"
Et quelques photos des enfants dans "Activités dans les écoles"

Bises

mercredi, 05 septembre 2007

Dépendance

Décembre 2004
Le grand destructeur, le dévastateur
Tsunami
Villes, villages détruits
Dizaine de milliers de morts
Côte ravagée, champs dévastés
Ruines, décombres, partout
Familles endeuillées, brisées

Repartir de zéro, reconstruire. Péniblement
Entreprise pharaonique
Se nourrir, nourrir et abriter sa famille
Puiser au fond l'énergie vitale. Trouver la force de survivre, de vivre

Solidarité. Dons du monde entier.
Branle-bas de combat.
Débarquement des ONG…….

Des centaines d’entre elles envahissent Sri Lanka, se déversent, coulent au milieu des peuples exsangues.

Argent en masse
Reconstruction
Maisons, hôpitaux, écoles…
Millions de dollars
Routes, ponts…
Investissements exorbitants
Plantations, irrigation…

Averse de devises étrangères
Pluie surnaturelle, précipitations violentes, continues, continues, sans surprise, monotones
Lois de la nature bouleversées
Janvier à avril, mousson dorée
Avril à juillet, mousson verte
Juillet à janvier, mousson dont chaque goutte tinte avec éclat.

2005
2006
2007
Vannes bloquées
L’argent tombe toujours du ciel.
L’irrationnel, l’impensable, devient norme, anodin.
L’argent coule.

Phénomène exceptionnel, d’urgence, devenu banal, il glisse dans la vie commune.

Un besoin vital? Demandons aux ONG.
Un besoin urgent? Demandons aux ONG.
Un besoin quelconque? Demandons aux ONG.
Une envie? Demandons aux ONG.

Ils ont de l’argent. Ils font. Ils savent.
Ils sont là pour çà. Cet argent est nôtre.

Dépendance
Dépendance dans l’urgence, dans la catastrophe.
Le temps passe…
Dépendance dans le quotidien, l’élémentaire.

Pourquoi faire? Ils font.
Pourquoi réfléchir? Ils réfléchissent.
Pourquoi se battre? Tout est là. Demandons. Servons-nous. Asservissons-nous.

Le loup et le chien

Un loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire loup l'eût fait volontiers;
Mais il fallait livrer bataille,
Et la mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le loup donc, l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
«Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui répartit le chien.
Quittez les bois, vous ferez bien:
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi? rien d'assuré; point de franche lippée ;
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez moi, vous aurez un bien meilleur destin.»
Le loup reprit: «Que me faudra-t-il faire?
-Presque rien, dit le chien: donner la chasse aux gens
Portants bâtons et mendiants;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire:
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons:
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.»
Le loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse
Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé.
"Qu'est-ce là? lui dit-il. - Rien. - Quoi? rien? -Peu de chose.
Mais encor? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché? dit le loup: vous ne courez donc pas
Où vous voulez? - Pas toujours; mais qu'importe? -
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor."
Cela dit, maître loup s'enfuit, et court encor.
La Fontaine, Les fable


Faire avec, ensemble… Main dans la main…

vendredi, 31 août 2007

Humanitaire... Humanité...

« C'est génial ce que tu fais. Tu vas aider les autres qui en besoin.
- Pardon?
- Bah oui, tu leur construis des maisons, des routes, tu amènes de la nourriture dans des camps de déplacés…
Tu donnes des années de ta vie pour aller apporter à des gens dans le manque!
- Génial? Ce qu'ils font est génial…
- Pardon?
- Bah oui, ils prennent énormément de temps de leur vie pour accueillir des gens dans le manque.
- Que veux-tu dire?
- Ils reçoivent ces personnes dans le besoin pour leur apprendre des valeurs essentielles que beaucoup ont perdues.
- Ha?
- Ils leur réapprennent à sourire et à accueillir avec chaleur.
Ils leur enseignent la patience, la simplicité.
Ils leur montrent qu'on peut être heureux avec peu de choses.
Ils leur apprennent à prendre soin de leur famille, à respecter les anciens et les héberger naturellement avec chaleur, à ne pas abandonner leurs proches.
Ils offrent la leçon de la gentillesse, de la considération pour son voisin ou toute personne rencontrée par hasard, de l'entraide.
Où es l'humanité?
Qui est l'humanitaire? »

mardi, 28 août 2007

Joli site

Un très beau site de citations
Jolis enseignements, sagesse de tous pays, de tous temps, de toutes ethnies, de toutes spiritualités, de toutes religions, de toutes couleurs...

Un petit ange

Faite le plein, cela vous sera utile pour le dernier message du blog où je vous mettrai à contribution...

mardi, 21 août 2007

Les expatriés des ONG

Les expatriés des ONG ont tous au moins une grosse voiture, souvent deux, trois.
Ils ont un chauffeur, plusieurs parfois.
Ils ont une belle et grande maison.
Ils ont parfois une piscine, un terrain de sport.
Une ou plusieurs personnes du pays leurs font la cuisine, les courses, le ménage, la lessive.
Souvent, des gardiens surveillent la maison la nuit, le jour.
Dans leur travail, ils sont les patrons, les supérieurs, ils commandent.
Ils emploient du personnel local qu'ils dirigent.
Ils sont étrangers, ils décident.
Les autres sont nés dans le pays, ils sont en dessous.
Les expatriés des ONG ont beaucoup d’argent. Ils peuvent acheter plein de choses, aller en boîte, faire du sport. Ils mangent dans les meilleurs restaurants de la ville.
Ils sont souvent jeunes. Ils sauvent des vies, font des bonnes choses pour des gens qui ne le peuvent pas.

Du coup, les expatriés des ONG ne marchent pas souvent dans leur ville. Ils appellent le chauffeur.
Ils ne prennent pas leur vélo pour aller acheter de l’eau pour boire, des légumes pour faire à manger.
Ils ne lavent pas leurs vêtements, le sol de leur maison, les toilettes.
Ils ne reçoivent pas d’ordre des gens du pays.

Et ils peuvent oublier les petites choses de la vie.
Elles sont déjà toutes prêtes, sur un joli plateau.
Oublier comment se débrouiller pour vivre, pour manger.
Ils peuvent oublier ce que c’est d’être normal, d’être comme tous les gens autour.
Et ils peuvent oublier comment c’est d’obéir, comme ce n’est pas toujours drôle.
Ils ne voient qu’une toute petite partie de la vie. Alors ils peuvent oublier tout le reste.

Les gens des ONG sont comme vous et moi.
Ils sont comme tous les gens.
Il y en a des formidables.

Un jour, ils ont reçu un don.
On leur a offert la richesse, le pouvoir, un royaume et des sujets.
Quelques uns ont plein de courage, ils sont devenus des rois bons avec leur peuple.
Beaucoup ont oublié plein de choses de leur vie d'avant parce que c'est plus facile.
Et puis d'autres ne se comportent vraiment pas bien, ils font ce qu'ils veulent parce qu'ils sont les chefs.

Mais çà doit être difficile de garder les deux pieds sur terre quand on a tout çà d'un coup.
Moi, je crois que des fois je me laisserais aller parce que çà m'arrangerait bien.

Alors, je ne veux pas de çà. Je ne suis pas assez fort pour porter tout un royaume.
On m'a toujours dit que l'humilité, c'était très important.
Mais sans maître, je ne pourrais pas l'apprendre.
Et peut-être que je m'assiérais dessus.

Un an… C'est assez…

dimanche, 19 août 2007

Photos et photos

Et voilà d'autres photos!!

Pottuvil dans l'album "Pottuvil" (Bah oui...)
Première bouillabaisse de ma vie au Siam View! (Préparée par un Allemand) dans "Bars/Restos d'Arugam Bay"
Et, papaye à la bougie lors des nombreuses et parfois longues coupures d'électricité dans "Notre maison"...

Le prochain message est déjà écrit... Je le poste cette semaine!!

A très bientôt!

Bises

samedi, 11 août 2007

L'étranger est une fête

« Bonjour! Comment t’appelles-tu?! »
« D’où viens-tu? »
« Comment çà va, ami?! »

Questions entendues mille fois de mille bouches sri lankaises.
Sourires, signes amicaux, dodelinements de la tête…
Le premier rapport, le premier contact est une marque d’intérêt.

Vieillard déambulant paisiblement dans les rues, jeune homme en mobylette, adolescents jouant au cricket, hommes perchés sur le fatras amoncelé dans la remorque traînée par ce tracteur, enfants revenant de l’école…

Jeunes et vieux, aisés, nécessiteux, personne ne m’épargne son attention.

Signes d’agressivité lors de ces furtives rencontres? Neuf mois de présence et je n’en ai eu aucun!
Etonnement, curiosité, ouverture…
Sympathie naturelle et spontanée qui donne le change à l’indifférence et l’aversion que blancs, nous nourrissons trop souvent à l’égard des autres, ces colorés.

Même le gazouillant bambin haut comme trois pommes me balance, le sourire aux lèvres, son « Hi! » tonitruant.
Impossible de parler de conditionnement! Naïve gentillesse, évidente et profonde.

Quel lumineux éclairage permet cet accueil bienveillant sur notre xénophobie française, notre peur ou indifférence de l’étranger!

Crainte, dédain, énervement face à cette bande de jeunes d’origine maghrébine croisée dans la rue.
Indifférence complète devant ce sénégalais qui passe, puis disparaît.
Dans le meilleur des cas, ces gens n’ont aucun intérêt particulier.

Ici, l’étranger est une fête. Il est parfum de nouveauté, de changement, fraîcheur.
Aussi précieux qu’il est rare.

Différence et richesse vont de pair.
Pas de peur d’être déstabilisé, agressé, envahi, chamboulé, dérangé dans ce rassurant univers normatif dont nous polissons les angles avec le vain espoir de se sentir en sécurité.

Je suis blanc, isolé, mais j’existe ô combien!
Au regard de ma situation confortable, toute compassion semble superflue.
Pourtant, quel bonheur d’être considéré!
En France, tant d’étrangers peinent à joindre les deux bouts. Et certains sacrifient encore une forte part de leurs gains à leur famille restée “là-bas”.
Quelle différence! Eux ont réellement besoin de ce sentiment d’être quelqu’un, d’exister, de cette chaleur qui m’est ici offerte en abondance.

Etranger, je reçois énormément ici.
Que je puisse avoir l’humilité de rendre tout ce qu’ils m’apportent.
A l’image de ce peuple si attachant, si accueillant, puissions-nous offrir autant à ceux qui viennent d’ailleurs.
Attention, acceptation, considération…
Une marque d’intérêt, un « D’où viens-tu ? » qu’ils attendent peut-être de ces blancs décidément très fermés, tournés vers eux-mêmes.

L’étranger est une fête, une richesse, une joie.

mardi, 07 août 2007

Nouvelle fournée de photos

Hop là!!

Et voici quelques nouvelles photos...
Dans "Activités dans les écoles", un jeu très proche de notre "béret".
Un iguane tombé dans une de "nos" piscines vides dans ... "Activité piscine" (Vous êtes très forts...)
Quelques enfants des écoles dans "Portraits"
Fatima qui cuisine et l'abattage de cocotiers dans notre jardin dans "Notre maison"
Et un nouvel album "Formations": quelques clichés des formations avec l'équipe locale d'animateurs dans notre bureau et avec les professeurs référents-sport dans les écoles de Pottuvil.
Dernière partie de ma mission et couronnement du très long travail de tous ces mois écoulés: préparation des contenus de formation, du manuel de formateur, d'utilisateur (qui part à l'impression demain!), traduction en anglais, organisation des séances...

A bientôt dans quelques jours pour une nouvelle note...!

Je vais aussi tâcher de mettre des photos un peu plus régulièrement au cours des deux derniers mois...

Bises

samedi, 28 juillet 2007

Méditations à Nillambé

Bonjour à tous,

Me voici de retour à Pottuvil après ces 2 extraordinaires semaines au centre de méditation bouddhiste de Nillambé.

Comment résumer, que dire d’une expérience aussi forte que personnelle, intime ?
Autant de découvertes aussi incroyables en si peu de temps…
Je constate une fois de plus la nécessité de s’extraire du flot d’une vie quotidienne ne laissant que peu de temps, de place, à la réflexion, la contemplation, la relecture.
Quinze jours au cours desquels j’ai plus avancé qu’en six mois d’une pratique pourtant assidue et régulière.

Lieu reculé, loin de la bruyante civilisation, de la fourmillante activité urbaine.
Ambiance paisible, reposante, gazouillis des voisins à plume, patiente ritournelle des grenouilles à l’aube ou au crépuscule, doux claquement de la pluie sur les toitures, caresse du vent dans les feuillages, cris des écureuils sautillant de branches en branches, féerique scintillement des lucioles dans la nuit noire.
Silence, calme.

Discussions réduites à l’essentiel, activités, à la méditation, la lecture, la contemplation de la nature.

Doux et nonchalant égrenage des minutes, du temps…
Temps, cesser de courir, de s’agiter en vain, de s’occuper, de tuer le temps.
Temps, inverser la tendance au remplissage, arrêter le temps.

Et passionnante plongée dans l’obscur univers du Soi.
Apprendre à observer simplement le fonctionnement de son corps, de son esprit.
Pensées vagabondes, émotions maîtresses, sensations, sentiments…
Observer avec douceur et bienveillance joies et peines, douceurs et douleurs, confiance et craintes, bonheur et souffrances sans tendre à retenir les uns et rejeter les autres.
Rechercher, s’agripper à l’agréable, fuir, refouler l’indésirable.

Seule la véritable acceptation de tout ce qui se présente offre de jouir des “bons” moments sans souffrir lorsqu’ils ne sont plus et de vivre pleinement les “mauvais” en les laissant repartir naturellement, sans qu’ils se nichent au plus profond de notre être.

Quinze jours de cheminement avec mon compagnon de route, l’excellent « L’attention, source de plénitude » du vénérable V.-R. Dhiravamsa (Editions Dangles).
Choix et tentative d’avancer dans la vigilance à tout ce qui se présente.

Vigilance aux sensations corporelles
Bien-être, nœud au ventre, inconfort, douleur de mes membres dans la position assise, chaleur, démangeaisons…

Vigilance aux pensées
Présence ici, ennui…
Pensée de ce qui viendra ensuite, repas, reprise du travail, lessive, et mille autres choses…
Passé revenant au galop, évènements vécus des années plus tôt, anciens emplois, fêtes, ce que j’ai dit à la personne croisée quelques jours plus tôt, mon entrée dans la salle, et mille autres choses…
Famille, amis, mes vêtements, ma barbe de trois jours, sangsues dans les herbes du centre, et mille autre choses tournoyantes, imposantes, dominantes…

Vigilance aux émotions
Colère émergeant des pensées jaillissantes: travail, collègues, situations vécues dix ans plus tôt que je revis avec force…
Tristesse: manques, déception de ne pas avancer plus vite, sentiment de stagner, méditations “ratées”…
Joies: bons moments qui me reviennent, projection d’anciens évènements dans mon esprit, plaisir de méditer, sensation d’être à ma place, perspective des vacances dans deux mois et demi, futur travail plus intéressant, dîner, paix profonde…
Souffrances: vieux démons ressurgissant, sentiment de ne pas être à ma place, solitude, peurs de l’avenir, angoisses, anxiété…
Espoirs: projections futures, sentiment d’avancer, confiance…
Doutes
Craintes,
Bien-être,
Compassion…

Nous vivons en automates, marionnettes manipulées par l’unique source de toutes nos souffrances, notre esprit conditionné, asphyxié par tant de mécanismes stockés, ne laissant plus de place à la fraîcheur.

Agir? Nous n’en sommes pas capables. Simplement réagir, libre arbitre lointain.

Démunis face à toutes ces sensations, pensées, émotions qui nous possèdent en permanence et nous manipulent avec force: courir après l’agréable, craindre de le perdre, souffrir de l’avoir perdu; fuir le désagréable, tenter de le cacher, se tourner vers quelque chose qui rassure, et recevoir la gifle de l’indésirable de retour.

Pernicieux tourbillon de notre esprit qui se saisit de nous comme le vent d’une brindille de paille, et nous emmène, nous emporte loin, très loin, dans le labyrinthe de ses territoires tordus, passé, futur, à mille lieues du présent, de l’ici-et-maintenant, de la véritable et précieuse situation qui se joue dans l’instant.

Faites ce petit test:
Fermez les yeux et concentrez-vous 30 secondes sur votre respiration.
L’air qui entre par votre nez, chemine dans votre corps, puis en ressort.
Que se passe-t-il ?
30 petites secondes et notre esprit ne peut s’empêcher de vagabonder!

Que dire alors des mille activités de la vie quotidienne vécues sans même cette attention déjà laborieuse?
Faites l’expérience…
La prochaine fois que vous prendrez une douche, tentez de sentir l’eau, la caresse du gant ou de votre main savonnant votre corps, les mouvements de vos muscles, articulations, pour atteindre vos orteils, votre dos, le robinet, le frottement de la serviette…
Bilan?
Happés par de quelconques pensées.
Discussion tenue dix minutes plus tôt, travail à venir…
Ou émotions.
Souffrances, peurs, espoirs…
Vous avez peut-être même complètement oublié l’exercice. Ou de brefs sursauts vous le ramenaient subrepticement à l’esprit.

Vous pouvez faire de même pour tous les moments de votre journée: essayez une fois, çà ne coûte pas grand chose! Choisissez une journée d’attention où vous tenterez d’être réellement présents à chaque instant que vous vivrez.

Que pouvez-vous en conclure?
Absents la majeure partie du temps. Contrôlés par un mental envahissant.
Et un mental de plus en plus fort à mesure que l’ancrage de ces schémas de fonctionnement se perpétuent avec le temps, les années.

En quinze jours, j’ai de nouveau perçu l’essence et la magie de la vigilance à l’instant.
Attention à tout, sensations, pensées, émotions, perceptions, sentiments…
Accueillir tout ce qui se présente au fur et à mesure que cela apparaît. Sans jugement, sans tri.
Observer en profondeur chaque évènement, chaque joie, chaque peine, avec la même attention, la même douceur. Et constater que tout ce qui se produit en nous, pensées, émotions, n’est qu’un film de notre esprit, un rêve qui nous emmène bien loin de la présente réalité.

Une des nombreuses phrases que l’on peut lire à Nillambé:
« It is impossible to be hurt except by your own thoughts. »
(Rien ne peut nous blesser que nos propres pensées.)

Cet exercice d’attention, de vigilance, peut sembler tout simple, tout bête, mais il est au cœur de traditions millénaires, fondement de la méditation bouddhiste, hindouiste, soufiste, courants de philosophie (Sénèque, Epicure, Epictète…), thérapies psychothérapeutiques…

En deux semaines, j’ai vécu des expériences d’une incroyable richesse. Les mots ne pourront jamais rendre la force de ce que j’ai ressenti, compris.
La route est longue sur le chemin du bonheur.
Notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.
Mais ce que j’ai vécu ne trompe pas. Je n’ai aucun doute.
Maintenant, courage, volonté et persévérance, car le retour à la civilisation n’est pas facile!
Mais cela est aussi la voie…

vendredi, 06 juillet 2007

Vacances!!!

Bonjour à tous!

Allez, hop! Un petit message, je pars dans 35 minutes et j'ai encore une dizaine de pages de traductions à taper et des mails à envoyer au siège de Sport Sans Frontières... Huuum.... Je crois que je devrai finir tout çà à la "rentrée"!

Et oui, çà y est, je quitte Pottuvil pour 2 semaines de retraite au centre de Nillambé. Quelle joie!!!
Je tenterai d'écrire ce que j'y vis. Peut-être un article en rentrant...

Pas d'électricité là-bas, on s'éclaire à la bougie (Et oui, il fait nuit tôt toute l'année ici!). Et donc, pas d'internet non plus!

Je reprendrai contact autour du 23 juillet, à mon retour.

J'ai tenté de poster quelques photos pour vous faire patienter, mais les virus qui infestent tous nos appareils sont de plus en plus agressifs et ont tout effacé... La prochaine fois...

Gros gros bisous à tous